Non, je n'ai pas de chants sacrés, ni de maison
Je ne crois pas en dieu, ni en ses trahisons
Triste et amère derrière mes barreaux de prison
Je Survis cloîtrée sans espoir de guérison
Revêtue par la vie, mon âme est en lambeau
Éreintée d'être nue, j'imagine mon tombeau
Avec à mon chevet la beauté d'un corbeau
La tristesse d'une amie et les vers de Rimbaud
Je veux que ce corbeau ne soit pas déplumé
Que la tristesse de ma douce amie bien aimée
Puisse enfin me lire avec son cœur si brimé
Les écrits de sa main qui m'ont tant enflammée
De ces volontés qui ne sont pas les dernières
Je tue le temps enfermée dans ma taupinière
En attendant que pousse sans peine et sans manière
La rose noire que j'espère à ma boutonnière.